23 juin 2026

Le Bureau de l’Exécutif des Musulmans de Belgique prend acte de la décision de la ministre de la Justice de ne pas procéder à une reconnaissance définitive de l’ASBL Conseil Musulman de Belgique (CMB) comme organe représentatif du culte islamique. Elle salue ce choix qui préserve la possibilité d’aboutir à une solution conforme aux principes constitutionnels, démocratiques et représentatifs.
Dès sa création, l’ASBL CMB a souffert d’un manque de légitimité au sein de la communauté musulmane. Sa reconnaissance provisoire reposait initialement sur quatre personnes privées, une situation qui a suscité de nombreuses contestations et interrogations quant à sa conformité avec les principes qui gouvernent l’organisation des cultes en Belgique.
Nous rappelons que le renouvellement de l’organe représentatif du culte islamique relève, dans le respect de la Constitution et de l’autonomie des cultes, de la communauté musulmane elle-même, à travers ses lieux de culte et ses composantes diverses, et non d’une association sans but lucratif qui, par définition, ne représente juridiquement que ses membres effectifs et adhérents.
Nous contestons les chiffres avancés dans le rapport au Roi selon lesquels l’ASBL CMB aurait regroupé entre 60 et 65 % des mosquées au milieu de l’année 2025 et près de 78 % en mai 2026. Non seulement aucun élargissement du soutien à cette structure n’a été constaté durant cette période, mais plusieurs mosquées, notamment celles regroupées au sein de la Fédération des Mosquées de Bruxelles, ont entretemps cessé de lui apporter leur soutien. Ces affirmations sont, donc, en contradiction totale avec les réalités observées sur le terrain. En réalité, le nombre de mosquées apportant effectivement un soutien au CMB est largement inférieur à une centaine, principalement issues d’une même composante nationale.
Cette surestimation résulte d’une confusion entretenue par cette ASBL entre le soutien institutionnel à l’ASBL CMB et les relations administratives que les mosquées reconnues ou candidates à la reconnaissance sont tenues d’entretenir avec l’administration du culte, afin de satisfaire aux obligations légales découlant des décrets régionaux et de garantir la continuité du service public au bénéfice des communautés locales et des ministres du culte. Or, de nombreuses mosquées ont publiquement indiqué qu’elles ne reconnaissaient pas l’ASBL CMB comme organe représentatif légitime tout en maintenant, par nécessité et dans l’intérêt du service public, leurs relations avec cette administration financée par le SPF Justice. Nous dénonçons cette assimilation abusive entre obligations administratives et adhésion institutionnelle et regrettons que cette confusion ait pu induire la ministre de la Justice en erreur.
Forte du soutien de plus de deux cents mosquées représentant la diversité théologique, culturelle et ethnique de l’islam de Belgique, la Commission de renouvellement poursuit son travail avec confiance et sérénité, avec l’appui du médiateur désigné par la ministre de la Justice. Son objectif demeure de corriger les conséquences des choix opérés par les deux précédents ministres de la Justice, qui ont privilégié une approche imposée d’en haut au détriment d’un processus émanant des mosquées et de la communauté musulmane elle-même, et de doter le culte islamique en Belgique d’un organe représentatif légitime, démocratique, transparent et véritablement représentatif de la diversité de notre communauté.
L’avenir du culte islamique en Belgique ne peut être construit ni par décret ni par désignation administrative, mais par l’adhésion libre et la confiance de celles et ceux qui font vivre, chaque jour, les mosquées et les institutions de notre communauté.
Le Bureau de l’EMB
